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Immigration

Étudier en France pour un étranger : visa et admission

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Étudier en France pour un étranger : visa et admission

L’essentiel

La France accueille chaque année plus de 400 000 étudiants internationaux et constitue la première destination non anglophone de mobilité universitaire., La procédure Campus France (dispositif « Études en France ») est le passage obligé pour les ressortissants d’une soixantaine de pays : elle centralise la candidature, l’entretien pédagogique et la préinscription., Le visa étudiant est un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS), d’une durée correspondant à celle de la formation., L’étudiant étranger doit justifier de ressources minimales d’environ 615 euros par mois., Le titre de séjour « étudiant » autorise à travailler jusqu’à 964 heures par an sans autorisation de travail distincte., À l’issue du diplôme, un titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » permet de rester en France pendant douze mois.

Introduction

La France figure au quatrième rang mondial des pays d’accueil d’étudiants internationaux. Universités publiques reconnues, grandes écoles de renommée internationale, frais de scolarité parmi les plus bas d’Europe pour le secteur public, richesse culturelle : les atouts ne manquent pas pour attirer des profils du monde entier.

Mais entre la première recherche de formation et l’installation effective sur le campus, le parcours administratif peut s’avérer dense. Procédure Campus France, constitution du dossier de visa, justification de ressources, validation du visa à l’arrivée, droit au travail pendant les études, perspectives de séjour après le diplôme : autant d’étapes qui méritent d’être anticipées et maîtrisées.

Cet article vous guide à travers l’intégralité des démarches, de la candidature académique jusqu’à l’installation en France. Si vous débutez votre réflexion sur l’expatriation, notre guide pour venir vivre en France vous offre une vue d’ensemble de l’ensemble des parcours d’immigration disponibles.

Étape 1, Choisir sa formation et candidater

Le système d’enseignement supérieur français

Le paysage universitaire français s’organise autour de deux grands piliers. Les universités publiques, accessibles sur dossier ou via des procédures de candidature nationales, proposent des formations en licence (trois ans), master (deux ans) et doctorat (trois ans et plus), le système LMD. Les grandes écoles (écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, instituts d’études politiques) recrutent sur concours, sur dossier ou via des admissions parallèles, et délivrent des diplômes de grade master.

À ces deux piliers s’ajoutent les BTS (brevets de technicien supérieur), les DUT (diplômes universitaires de technologie, désormais intégrés dans le BUT, bachelor universitaire de technologie), les écoles d’art, d’architecture et les formations spécialisées.

Les plateformes de candidature

Selon le niveau d’études et la nationalité du candidat, plusieurs plateformes sont utilisées. Parcoursup gère les candidatures en première année de licence et dans certaines formations courtes pour les candidats résidant en France ou dans un pays à procédure Campus France. Mon Master centralise les candidatures en première année de master dans les universités publiques. La plateforme propre à chaque établissement (grandes écoles, écoles privées) est utilisée dans les autres cas.

Pour les étudiants étrangers résidant dans un pays couvert par le dispositif « Études en France », la candidature passe intégralement par Campus France, comme détaillé ci-dessous.

Étape 2, La procédure Campus France

Qui est concerné ?

Campus France gère le dispositif « Études en France » pour les ressortissants d’une soixantaine de pays (dont l’ensemble de l’Afrique francophone, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie, le Vietnam et la Turquie). Si vous résidez dans l’un de ces pays, la procédure est obligatoire.

Les étudiants des pays non couverts par ce dispositif candidatent directement auprès des établissements, puis déposent leur demande de visa au consulat sans passer par Campus France.

Le déroulement de la procédure

La première étape consiste à créer un dossier en ligne sur la plateforme « Études en France ». Vous y renseignez votre parcours scolaire et universitaire, vos diplômes, vos résultats, vos motivations et vous sélectionnez les formations souhaitées (jusqu’à sept vœux dans la plupart des espaces Campus France).

Après la constitution du dossier, vous êtes convoqué à un entretien pédagogique avec un conseiller Campus France. Cet entretien, d’une durée de quinze à vingt minutes environ, porte sur la cohérence de votre projet d’études, votre motivation, votre connaissance du système français et votre niveau linguistique. L’avis rendu, favorable, réservé ou défavorable, est transmis aux établissements et au consulat.

Les établissements examinent ensuite les candidatures et rendent leurs décisions d’admission. Une fois l’admission obtenue et confirmée, Campus France transmet votre dossier au consulat pour la phase de demande de visa.

Les frais Campus France

La procédure Campus France est soumise à des frais de dossier dont le montant varie selon les pays (généralement entre 50 et 200 euros). Ces frais couvrent l’entretien pédagogique et le traitement administratif du dossier. Ils sont distincts des frais de visa.

Étape 3, Obtenir le visa étudiant

Le visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) « étudiant »

Le visa étudiant est un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) portant la mention « étudiant ». Sa durée correspond à celle de la formation, dans la limite de douze mois. Il est renouvelable chaque année sous la forme d’une carte de séjour pluriannuelle « étudiant » si vous poursuivez vos études.

Les conditions à remplir

Pour obtenir le visa étudiant, vous devez présenter une attestation de préinscription ou d’admission dans un établissement d’enseignement supérieur français, la preuve de ressources suffisantes et un passeport en cours de validité.

La condition de ressources est fixée à un montant minimal d’environ 615 euros par mois, soit environ 7 380 euros pour une année universitaire. Ce montant peut être justifié par une attestation de bourse, un relevé de compte bancaire personnel, une attestation de prise en charge par un garant résidant en France ou à l’étranger, ou une combinaison de ces éléments. Certains consulats exigent un virement sur un compte bloqué en France.

Vous devez également fournir une attestation d’hébergement ou un justificatif de logement pour les premiers mois (réservation en résidence universitaire, bail, attestation d’accueil). Pour les formations dispensées en français, un certificat de niveau linguistique B2 est requis (TCF, DELF, DALF). Les formations en anglais exigent généralement un score IELTS ou TOEFL.

Les frais de visa

Le coût du visa long séjour étudiant est de 99 euros (50 euros pour les étudiants dont la procédure Campus France est soumise à des frais réduits). Les boursiers du gouvernement français et les boursiers de certains programmes internationaux en sont exonérés.

Étape 4, S’installer en France

Valider son visa en ligne

Comme pour tout VLS-TS, la validation en ligne sur la plateforme ANEF est obligatoire dans les trois mois suivant l’arrivée. Cette démarche déclenche l’affiliation à la sécurité sociale étudiante et atteste de la régularité de votre séjour. Une taxe de 50 euros doit être acquittée à cette occasion.

La sécurité sociale

Depuis 2019, les étudiants étrangers sont affiliés directement au régime général de la sécurité sociale, sans adhésion à une mutuelle étudiante distincte. L’inscription se fait en ligne après la validation du visa. Une complémentaire santé est recommandée pour couvrir les frais restant à charge (consultations spécialisées, soins dentaires, optique).

Le logement étudiant

Les CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) gèrent les résidences universitaires, accessibles sur la plateforme Trouver un logement. Les places étant limitées, de nombreux étudiants se tournent vers le parc locatif privé. Les aides au logement de la CAF (APL ou ALS) sont accessibles aux étudiants étrangers en situation régulière et constituent un soutien financier significatif.

Travailler pendant ses études

Le titre de séjour « étudiant » autorise l’exercice d’une activité salariée à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an, soit environ 60 % de la durée annuelle légale du travail. Aucune autorisation de travail distincte n’est nécessaire : l’employeur vérifie simplement la validité du titre de séjour portant la mention « étudiant ».

Ce plafond est calculé sur la période de validité du titre de séjour, et non sur l’année civile. Son dépassement expose l’étudiant à un retrait de son titre de séjour et l’employeur à des sanctions.

Pour les étudiants algériens, le régime est spécifique : l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 limite le travail étudiant à 50 % de la durée annuelle du travail, soit environ 848 heures.

Pour en savoir plus sur l’emploi des étrangers en France, consultez notre guide pour travailler en France.

Après le diplôme : rester en France

Le titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise »

À l’issue de l’obtention d’un diplôme de niveau licence professionnelle, master ou équivalent, l’étudiant étranger peut solliciter un titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » d’une durée de douze mois, non renouvelable. Ce titre autorise à travailler librement pendant toute sa durée.

Le changement de statut

Si l’étudiant trouve un emploi correspondant à son niveau de qualification et à sa formation, il peut demander un changement de statut vers un titre de séjour « salarié » ou « passeport talent ». La rémunération proposée doit être au moins égale à 1,5 SMIC brut annuel pour un changement vers le statut « salarié » classique. Le dossier est examiné par la préfecture, qui sollicite l’avis de la DREETS.

Ce passage du statut étudiant au statut salarié est un moment charnière du parcours : il est recommandé de l’anticiper dès les derniers mois de formation et de constituer le dossier avec soin.

Les erreurs à éviter

Commencer les démarches Campus France trop tard. La procédure s’étend sur plusieurs mois : création du dossier, entretien, examen des candidatures, admission, demande de visa. Un calendrier trop serré risque de compromettre la rentrée universitaire. Engagez la procédure dès l’ouverture de la plateforme, généralement entre novembre et janvier pour une rentrée en septembre.

Ne pas préparer l’entretien pédagogique. L’avis de Campus France pèse dans la décision consulaire. Un candidat incapable d’expliquer la cohérence de son projet d’études, le choix de la France ou la formation visée verra son dossier fragilisé. Préparez-vous à justifier chaque vœu et à démontrer votre connaissance du cursus.

Sous-estimer la condition de ressources. Le montant de 615 euros par mois est un plancher. Certains consulats exigent davantage ou des justificatifs spécifiques (compte bloqué, attestation notariée du garant). Vérifiez les exigences propres à votre consulat.

Oublier de valider le VLS-TS en ligne. Comme pour tout visa long séjour, la validation dans les trois mois est impérative. Un oubli vous place en situation irrégulière et bloque l’accès à la sécurité sociale.

Dépasser le plafond horaire de travail. Le dépassement des 964 heures annuelles peut entraîner le retrait du titre de séjour. Tenez un décompte rigoureux de vos heures tout au long de l’année.

Attendre la fin du titre de séjour pour envisager l’après-diplôme. Le titre « recherche d’emploi ou création d’entreprise » doit être demandé avant l’expiration du titre « étudiant ». Un dépôt tardif peut compromettre la continuité de votre séjour régulier.

Un étudiant étranger a-t-il le droit de travailler ?

Oui. Le titre de séjour « étudiant » autorise à travailler à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an (environ 60 % de la durée annuelle légale du travail). Aucune autorisation de travail séparée n’est nécessaire. L’employeur doit simplement vérifier la validité du titre de séjour.

Quel montant de ressources faut-il justifier pour un visa étudiant ?

Le montant minimal est fixé à environ 615 euros par mois, soit 7 380 euros pour douze mois. Ces ressources peuvent être attestées par une bourse, un compte bancaire approvisionné, une attestation de garant ou un compte bloqué en France. Les consulats peuvent appliquer des exigences spécifiques.

La procédure Campus France est-elle obligatoire ?

Elle l’est pour les ressortissants des pays couverts par le dispositif « Études en France », environ une soixantaine de pays. Les étudiants des autres pays candidatent directement auprès des établissements et déposent leur demande de visa au consulat sans passer par Campus France.

Peut-on rester en France après ses études ?

Oui. Les diplômés de niveau licence professionnelle, master ou équivalent peuvent solliciter un titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » d’une durée de douze mois. Ce titre permet de chercher un emploi ou de créer une entreprise tout en travaillant librement. Si un emploi est trouvé, un changement de statut vers un titre « salarié » ou « passeport talent » peut être demandé.

Faut-il parler français pour étudier en France ?

Cela dépend de la langue d’enseignement de la formation choisie. Les cursus dispensés en français exigent un niveau B2 attesté par un test reconnu (TCF, DELF, DALF). De nombreux masters et programmes de grandes écoles sont désormais proposés intégralement en anglais, auquel cas un test d’anglais (IELTS, TOEFL) est requis.

Les frais d’inscription sont-ils les mêmes pour tous les étudiants ?

Non. Depuis la rentrée 2019, les universités publiques appliquent des frais différenciés pour les étudiants extra-européens : environ 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master, contre 170 euros et 243 euros pour les étudiants européens. Cependant, de nombreux établissements ont mis en place des mécanismes d’exonération partielle ou totale. Les grandes écoles fixent librement leurs tarifs, qui varient considérablement d’un établissement à l’autre.

Sources officielles

Campus France, Le site officiel pour étudier en France : https://www.campusfrance.org/, France-Visas, Le site officiel des visas pour la France : https://france-visas.gouv.fr/, Service-Public.fr, Étudiant étranger en France : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N105, CESEDA, Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006070158/

En conclusion

Étudier en France en tant qu’étranger est un projet qui se construit en plusieurs étapes bien distinctes : le choix de la formation et la candidature, la procédure Campus France le cas échéant, la demande de visa au consulat, l’installation sur le territoire et, pour beaucoup, la transition vers la vie professionnelle à l’issue du diplôme.

Chaque étape a ses propres exigences et ses propres délais. La clé réside dans l’anticipation : commencer les démarches Campus France dès l’ouverture de la plateforme, préparer soigneusement l’entretien pédagogique, réunir les justificatifs de ressources bien en amont et valider son visa dans les temps après l’arrivée.

Si vous envisagez de rester en France après vos études, pensez dès à présent au changement de statut : les conditions de rémunération et de qualification exigées pour passer d’un titre « étudiant » à un titre « salarié » sont précises et méritent d’être préparées pendant les derniers semestres de formation. Pour une vue d’ensemble des possibilités de séjour, notre guide pour venir vivre en France vous oriente vers la voie la mieux adaptée à votre situation.

Foire Aux Questions (FAQ)

Un étudiant étranger a-t-il le droit de travailler ?

Oui, le visa ou titre de séjour étudiant autorise à travailler à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an.

Quel montant de ressources faut-il justifier pour un visa étudiant ?

Il faut justifier de ressources d’au moins 615 euros par mois, soit environ 7 380 euros pour une année universitaire complète.

La procédure Campus France est-elle obligatoire ?

Elle est obligatoire pour les ressortissants des pays relevant du dispositif « Études en France ». Les étudiants des autres pays déposent leur demande de visa directement au consulat.

Peut-on rester en France après ses études ?

Oui. Un titre de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » d’une durée de douze mois peut être accordé à l’issue du diplôme pour faciliter l’insertion professionnelle.

Faut-il parler français pour étudier en France ?

Cela dépend de la formation. Les cursus dispensés en français exigent un niveau B2 attesté par un test de langue (TCF, DELF/DALF). De nombreux masters et programmes de grandes écoles sont désormais proposés en anglais.

Les frais d’inscription sont-ils les mêmes pour tous les étudiants ?

Les universités publiques appliquent des frais différenciés : environ 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master pour les étudiants extra-européens, contre 170 euros et 243 euros pour les étudiants européens. De nombreux établissements pratiquent cependant des exonérations partielles ou totales.


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L'équipe Éditoriale

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