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- L'essentiel
- Introduction
- Qui a besoin d’une autorisation de travail ?
- L’autorisation de travail : la procédure en détail
- Les métiers en tension : une voie facilitée
- Le passeport talent : le titre des profils qualifiés
- Le travail indépendant et la création d’entreprise
- Les erreurs à éviter
- Qui doit demander une autorisation de travail ?
- Sources officielles
- En conclusion
L’essentiel
Tout ressortissant étranger non européen souhaitant exercer une activité salariée en France doit, sauf exception, disposer d’une autorisation de travail., C’est l’employeur, et non le salarié, qui dépose la demande d’autorisation de travail sur la plateforme ANEF., L’administration vérifie l’opposabilité de la situation de l’emploi : l’employeur doit prouver qu’aucun candidat déjà présent sur le marché du travail français ne correspond au poste., Cette condition d’opposabilité est levée pour les métiers figurant sur la liste des métiers en tension., Le passeport talent offre un parcours simplifié et un titre pluriannuel aux profils qualifiés (cadres, chercheurs, artistes, entrepreneurs, investisseurs)., Les citoyens de l’Union européenne, de l’EEE et de la Suisse n’ont besoin ni de visa, ni d’autorisation de travail.
Introduction
La France est la septième économie mondiale et l’un des premiers pays d’accueil de travailleurs étrangers en Europe. Secteurs en tension, attractivité des pôles de recherche, dynamisme entrepreneurial : les raisons de vouloir y exercer une activité professionnelle sont nombreuses. Mais le droit français soumet l’emploi des ressortissants étrangers à un cadre strict, conçu pour protéger le marché du travail national tout en permettant l’accueil de compétences que l’économie ne trouve pas sur place.
Ce guide détaille l’ensemble des démarches à accomplir pour travailler légalement en France lorsqu’on est étranger : le rôle central de l’autorisation de travail, les cas de dispense, le fonctionnement du passeport talent, les métiers en tension et les étapes de la procédure. Si vous en êtes au tout début de votre projet d’expatriation, nous vous recommandons de commencer par notre guide pour venir vivre en France, qui offre une vue d’ensemble des parcours d’immigration disponibles.
Qui a besoin d’une autorisation de travail ?
Le principe : une autorisation obligatoire pour les ressortissants de pays tiers
Tout ressortissant d’un pays extérieur à l’Union européenne, à l’Espace économique européen et à la Suisse doit détenir une autorisation de travail pour exercer une activité salariée en France. Cette règle est posée par l’article L5221-2 du Code du travail et constitue le fondement du contrôle de l’immigration professionnelle.
L’autorisation de travail n’est pas un document autonome : elle est matérialisée soit par le visa ou le titre de séjour lui-même (lorsqu’il porte une mention autorisant le travail), soit par un document spécifique délivré à l’employeur avant l’embauche.
Les dispenses d’autorisation de travail
Certaines catégories d’étrangers sont dispensées de cette formalité. Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse bénéficient de la libre circulation des travailleurs et peuvent exercer toute activité professionnelle sans restriction. Les titulaires d’une carte de résident, d’une carte de résident permanent ou d’une carte de séjour « vie privée et familiale » disposent également d’un accès libre au marché du travail. Les bénéficiaires du statut de réfugié et de la protection subsidiaire sont autorisés à travailler dès l’obtention de leur protection.
Les étudiants titulaires d’un titre de séjour « étudiant » peuvent travailler à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an, sans autorisation de travail distincte. Au-delà de ce plafond, une autorisation spécifique est nécessaire.
L’autorisation de travail : la procédure en détail
Qui dépose la demande ?
Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le salarié étranger qui sollicite l’autorisation de travail, mais son futur employeur. La demande se fait en ligne, sur la plateforme ANEF (Administration Numérique pour les Étrangers en France), via la rubrique dédiée aux employeurs.
L’employeur doit fournir un dossier comprenant le contrat de travail ou la promesse d’embauche, la fiche de poste détaillée, les justificatifs des recherches de candidats effectuées en France (publication de l’offre sur France Travail pendant au moins trois semaines), les éléments démontrant les qualifications du candidat étranger et les documents administratifs de l’entreprise (Kbis, attestation URSSAF).
L’opposabilité de la situation de l’emploi
L’administration, la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) compétente territorialement, examine la demande au regard d’un critère central : l’opposabilité de la situation de l’emploi. Ce critère impose à l’employeur de démontrer que le poste proposé n’a pas pu être pourvu par un candidat déjà disponible sur le marché du travail français. Concrètement, l’offre d’emploi doit avoir été diffusée sur France Travail et l’employeur doit justifier de l’absence de candidatures adaptées.
L’administration prend également en compte les conditions d’emploi et de rémunération proposées. Le salaire offert doit être conforme aux minima conventionnels ou, à défaut, au moins égal au SMIC. Le contrat doit respecter l’ensemble des dispositions du droit du travail français.
Le délai et la décision
Le délai réglementaire d’instruction est de deux mois à compter du dépôt du dossier complet. Particularité importante : le silence de l’administration à l’issue de ce délai vaut refus, une exception au principe général d’acceptation implicite. La décision est notifiée à l’employeur, qui en informe le salarié.
En cas de refus, un recours gracieux peut être formé auprès du préfet, suivi, si nécessaire, d’un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Après l’autorisation : visa et titre de séjour
Une fois l’autorisation de travail obtenue, le salarié étranger résidant hors de France doit solliciter un visa long séjour portant la mention « salarié » (pour un CDI ou un CDD de douze mois et plus) ou « travailleur temporaire » (pour un CDD de moins de douze mois) auprès du consulat de France dans son pays de résidence. Ce visa vaut titre de séjour (VLS-TS) et doit être validé en ligne dans les trois mois suivant l’arrivée en France.
Si le travailleur étranger se trouve déjà en France sous un autre statut, par exemple avec un titre de séjour « étudiant », il peut, sous certaines conditions, demander un changement de statut en préfecture, sans avoir à quitter le territoire.
Les métiers en tension : une voie facilitée
Le principe de la liste des métiers en tension
Pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, le gouvernement publie par arrêté une liste des métiers en tension. Lorsque le poste proposé figure sur cette liste, la condition d’opposabilité de la situation de l’emploi est levée : l’employeur n’a pas à prouver l’absence de candidats sur le marché français, ce qui simplifie et accélère la procédure.
Les principaux secteurs concernés
La liste est régulièrement actualisée pour refléter les besoins réels de l’économie. Parmi les secteurs historiquement représentés figurent le bâtiment et les travaux publics (maçons, charpentiers, plombiers, électriciens), l’hôtellerie-restauration (cuisiniers, serveurs, réceptionnistes), l’aide à domicile et le médico-social (aides-soignants, auxiliaires de vie), l’informatique et le numérique (développeurs, ingénieurs systèmes), la santé (médecins, infirmiers dans certaines zones), et le transport routier de marchandises.
La liste peut varier selon les régions : un métier en tension en Île-de-France ne l’est pas nécessairement en Bretagne. Il est donc essentiel de vérifier la version régionalisée de la liste applicable au lieu d’emploi.
L’admission exceptionnelle au séjour pour travail
Depuis 2023, un ressortissant étranger en situation irrégulière exerçant un métier en tension peut, sous conditions strictes, être admis au séjour de manière exceptionnelle. Il doit justifier d’au moins trois ans de présence sur le territoire français, de douze mois d’activité dans un métier en tension au cours des vingt-quatre derniers mois, et d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche dans ce même secteur. Cette voie, encadrée par l’article L435-4 du CESEDA, reste une mesure dérogatoire appréciée au cas par cas par le préfet.
Le passeport talent : le titre des profils qualifiés
Un dispositif attractif
Le passeport talent, institué par la loi du 7 mars 2016, s’adresse aux profils à forte valeur ajoutée que la France souhaite attirer. Il regroupe plus d’une dizaine de catégories, parmi lesquelles le salarié qualifié titulaire d’un diplôme de niveau master dont la rémunération brute annuelle est au moins égale à deux fois le SMIC, le chercheur rattaché à un organisme de recherche agréé, l’artiste-interprète ou l’auteur d’une œuvre littéraire ou artistique, le créateur d’entreprise porteur d’un projet économique innovant reconnu par un organisme public, l’investisseur réalisant un investissement économique direct en France, le salarié en mission intra-groupe (mobilité intra-entreprise), et le sportif ou entraîneur de haut niveau.
Les avantages du passeport talent
Ce titre offre plusieurs avantages décisifs par rapport au parcours classique. Il est délivré pour une durée pouvant aller jusqu’à quatre ans, renouvelable, ce qui réduit considérablement la charge administrative. Il n’est pas soumis à l’opposabilité de la situation de l’emploi. Le conjoint et les enfants bénéficient automatiquement d’un titre de séjour « famille de bénéficiaire du passeport talent » de même durée, avec un droit au travail intégral pour le conjoint.
La demande s’effectue directement auprès du consulat de France via un visa long séjour portant la mention « passeport talent ». Pour les personnes déjà présentes en France, un changement de statut peut être sollicité en préfecture.
Le travail indépendant et la création d’entreprise
Les ressortissants étrangers souhaitant exercer une activité non salariée en France, profession libérale, activité artisanale, commerciale ou agricole, doivent obtenir un titre de séjour portant la mention « entrepreneur / profession libérale ». La demande est examinée au regard de la viabilité du projet économique, de la compatibilité avec la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques, ainsi que du respect des obligations réglementaires propres à la profession visée.
Les créateurs d’entreprise innovante peuvent se tourner vers le passeport talent « création d’entreprise », dès lors que leur projet est validé par un organisme public (comme la French Tech ou Bpifrance).
Les erreurs à éviter
Croire que le salarié peut déposer lui-même la demande d’autorisation de travail. C’est l’employeur qui en a la charge. Un candidat étranger ne peut pas solliciter cette autorisation de sa propre initiative, il lui faut d’abord un employeur prêt à engager la démarche.
Négliger la publication de l’offre sur France Travail. La preuve de recherche de candidats sur le marché français est un élément clé du dossier. Une offre non publiée ou publiée trop brièvement expose l’employeur à un refus d’autorisation.
Commencer à travailler avant l’obtention de l’autorisation. L’emploi d’un travailleur étranger dépourvu d’autorisation de travail constitue une infraction pénale pour l’employeur (amende administrative de 15 000 euros par salarié concerné) et expose le salarié à une obligation de quitter le territoire.
Ignorer les voies simplifiées. De nombreux candidats s’engagent dans la procédure classique alors qu’ils seraient éligibles au passeport talent ou que leur métier figure sur la liste des métiers en tension. Vérifier son éligibilité à ces dispositifs avant de lancer la démarche peut faire gagner plusieurs mois.
Confondre changement de statut et première admission. Un étudiant étranger en fin de cursus souhaitant passer à un statut salarié doit déposer une demande de changement de statut en préfecture. Cette procédure, distincte de la première demande de visa, obéit à des règles et des délais propres, notamment la nécessité de présenter un contrat de travail dont la rémunération est au moins égale à 1,5 SMIC brut.
Qui doit demander une autorisation de travail ?
C’est l’employeur qui dépose la demande d’autorisation de travail, en ligne sur la plateforme ANEF. Le salarié étranger ne peut pas effectuer cette démarche lui-même. L’employeur doit constituer un dossier comprenant le contrat de travail, la preuve de la publication de l’offre et les qualifications du candidat.
Peut-on travailler en France avec un visa étudiant ?
Oui, dans la limite de 964 heures par an, soit environ 60 % de la durée annuelle légale du travail. Cette autorisation est attachée au titre de séjour « étudiant » et ne nécessite aucune démarche supplémentaire. Au-delà de ce plafond, une autorisation de travail spécifique est requise. Pour en savoir plus sur le statut étudiant, consultez notre guide pour étudier en France.
Qu’est-ce que l’opposabilité de la situation de l’emploi ?
C’est l’obligation pour l’employeur de démontrer qu’aucun candidat disponible sur le marché du travail français ne correspond au poste pour lequel il souhaite recruter un travailleur étranger. L’employeur doit avoir publié l’offre sur France Travail et justifier de l’absence de candidatures adaptées. Cette condition est levée pour les métiers en tension et pour les bénéficiaires du passeport talent.
Combien de temps faut-il pour obtenir une autorisation de travail ?
Le délai réglementaire est de deux mois à compter du dépôt du dossier complet auprès de la DREETS. En l’absence de réponse à l’issue de ce délai, la demande est réputée refusée. Dans la pratique, les délais peuvent varier selon les régions et la complexité du dossier.
Un travailleur étranger peut-il changer d’employeur librement ?
La réponse dépend du titre de séjour détenu. Le titulaire d’une carte de séjour temporaire « salarié » est lié à un employeur et à un métier précis : tout changement nécessite une nouvelle autorisation de travail. Le titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle « salarié » bénéficie d’une mobilité professionnelle plus large, mais un changement de secteur d’activité peut nécessiter une nouvelle autorisation. Le titulaire d’une carte de résident peut exercer toute activité professionnelle sans restriction.
Quels sont les métiers en tension en France ?
La liste est fixée par arrêté ministériel et régulièrement actualisée. Elle couvre notamment le BTP, l’hôtellerie-restauration, l’aide à domicile, le médico-social, l’informatique, la santé et le transport routier. Cette liste est régionalisée : certains métiers ne sont en tension que dans certaines régions. Il est recommandé de consulter la version en vigueur au moment du dépôt de la demande.
Sources officielles
Ministère de l’Intérieur, Autorisation de travail (ANEF) : https://administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr/, Service-Public.fr, Travail d’un étranger en France : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/N107, France-Visas, Le site officiel des visas pour la France : https://france-visas.gouv.fr/, CESEDA, Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006070158/
En conclusion
Travailler en France en tant qu’étranger exige une bonne compréhension du rôle de chaque acteur : l’employeur dépose la demande d’autorisation de travail, l’administration l’instruit au regard du marché de l’emploi, et le salarié sollicite le visa ou le titre de séjour correspondant. Trois parcours se distinguent selon votre profil : la procédure classique avec opposabilité de l’emploi, les métiers en tension pour lesquels cette condition est levée, et le passeport talent qui offre un accès direct et pluriannuel aux profils qualifiés.
Que vous soyez en fin d’études et envisagiez un changement de statut, ou que vous postuliez depuis l’étranger en préparant votre visa long séjour, l’anticipation reste votre meilleur atout. Constituez un dossier complet, vérifiez votre éligibilité aux dispositifs simplifiés, et engagez les démarches le plus tôt possible. Votre installation professionnelle en France n’en sera que plus fluide et sereine.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qui doit demander une autorisation de travail ?
L’autorisation de travail doit généralement être demandée par l’employeur sur le site de l’ANEF avant l’embauche de l’étranger.
Peut-on travailler en France avec un visa étudiant ?
Oui, dans la limite de 964 heures par an (environ 60 % de la durée annuelle légale du travail), sans avoir besoin d’une autorisation de travail distincte.
Qu’est-ce que l’opposabilité de la situation de l’emploi ?
C’est l’obligation pour l’employeur de prouver qu’il n’a pas trouvé de candidat disponible sur le marché du travail français avant de recruter un travailleur étranger. Elle ne s’applique pas aux métiers en tension ni au passeport talent.
Combien de temps faut-il pour obtenir une autorisation de travail ?
Le délai réglementaire est de deux mois à compter du dépôt du dossier complet. Le silence de l’administration au-delà de ce délai vaut refus.
Un travailleur étranger peut-il changer d’employeur librement ?
Cela dépend du titre de séjour. Le titulaire d’une carte de séjour « salarié » liée à un employeur précis devra obtenir une nouvelle autorisation de travail pour changer d’entreprise. Le titulaire d’une carte de résident peut travailler librement pour n’importe quel employeur.
Quels sont les métiers en tension en France ?
La liste des métiers en tension est fixée par arrêté et actualisée régulièrement. Elle comprend notamment des postes dans le BTP, l’hôtellerie-restauration, l’aide à domicile, l’informatique, la santé et le transport routier.

